Diététicienne et endométriose : réduire les douleurs avec l'alimentation
Mise à jour le 22 août 2022
8 min
Environ 1 femme sur 10 en âge de procréer souffrirait d’endométriose en 2022. Cette pathologie provoque, entre autres, saignements abondants et douleurs pelviennes. Au point que chez certaines femmes, la réponse envisagée va même jusqu’à l’hystérectomie, l’ablation de l’utérus.
Souvent associée au syndrome du côlon irritable, une bonne alimentation pourrait pourtant soulager de nombreux symptômes de l’endométriose. Avec Liberlo, vous trouverez facilement un diététicien qui pourra vous accompagner dans ce parcours.
L’impact de l’alimentation dans l’endométriose
Même si vous le savez sûrement déjà, bien manger est important pour la santé. Mais en quoi l’intervention d’un diététicien pourrait-elle vous aider spécifiquement par rapport à l’endométriose ? Les solutions proposées par un gynécologue passent souvent par un traitement hormonal.
Une pilule peut ainsi vous être prescrite pour gérer le cycle menstruel, voire le supprimer complètement en stoppant l’ovulation avec une ménopause artificielle. Une intervention chirurgicale est également possible pour retirer les lésions de l’appareil gynécologique sous cœlioscopie : la laparoscopie.
Elle consiste en une incision au niveau du pelvis, qui permet de ne pas abimer les muscles de la paroi abdominale. Comment une bonne alimentation pourrait-elle alors avoir une influence sur l’endométriose ? Cette maladie gynécologique est, en fait, une pathologie dite inflammatoire, influencée par les hormones.
Elle est, par ailleurs, principalement associée au syndrome du côlon irritable. Inflammation, hormones et troubles digestifs : ces 3 motifs laissent à penser qu’un régime adapté pourrait permettre de stabiliser les lésions de cette affection et d’en diminuer les symptômes.
L’élimination des aliments inflammatoires
L’endométriose étant une maladie à composante inflammatoire, une alimentation anti-inflammatoire serait à privilégier. Il est alors question de réduire, ou supprimer, les aliments inflammatoires de votre alimentation : viandes rouges, sucres, produits industriels, café, alcool, etc.
À l’inverse, les aliments anti-inflammatoires sont à consommer sans modération pour tenter d’influer sur les symptômes de l’endométriose : fruits, légumes, poissons, crustacés ou encore légumineuses. Votre diététicien peut donc vous aider à lister les aliments bénéfiques ou nocifs, et vous conseiller sur des menus équilibrés pour varier votre alimentation.
Le rôle de l’alimentation dans le syndrome du côlon irritable
L’association entre l’endométriose et les troubles digestifs est très fréquente. Les intestins sont à proximité directe de l’appareil génital féminin. Si ceux-ci deviennent trop poreux, des éléments étrangers peuvent migrer dans le sang, à travers le péritoine, et traverser la zone péritonéale pour envahir les viscères.
Cela crée une inflammation qui va provoquer le syndrome du côlon irritable. Sans gravité, cette sensibilité crée toutefois de nombreux désagréments comme des douleurs abdominales, des ballonnements, des diarrhées, de la constipation, etc.
Le gluten favorise la porosité de l’intestin et est donc à bannir dans le cadre de ce syndrome. De la même manière, les aliments inflammatoires sont à éviter, comme pour l’endométriose.
Le régime sans FODMAPs
Acronyme de Fermentescibles Oligosaccharides Disacchararides Monosaccharides And Polyols, les FODMAPs sont en fait de tout petits glucides, très mal absorbés par les intestins et donc indigestes.
Présents dans les produits laitiers, les produits hautement transformés, les confiseries, certains légumes et certains fruits, ces FODMAPs seraient à éviter au maximum dans le cadre du syndrome du côlon irritable et, donc, de l’endométriose.
Le diététicien : votre guide pour une bonne alimentation
Il n’est donc pas forcément simple de s’y retrouver entre ces différents régimes alimentaires et l’aide d’une diététicienne peut vous être fort utile pour faire un point clair sur ce que vous pouvez consommer et à quelle fréquence. Quels légumes ? Crus ou cuits ? Combien de fois par semaine ? Quel pain ? Quels fruits et à quels moments de la journée ?
Votre diététicien vous accompagne dans la mise en place progressive de vos nouvelles habitudes alimentaires. Grâce à son soutien, vous pourrez procéder pas à pas, en notant ce qui vous convient ou non, ce qui fonctionne pour vous ou non. Chaque femme étant différente, il n’existe malheureusement pas de formule magique à ce jour pour soulager les symptômes de l’endométriose.
Un point complet sur l’endométriose
L’alimentation pourrait donc être une piste essentielle pour maîtriser l’évolution de l’endométriose et en réduire significativement les symptômes. Mais comment fonctionne cette pathologie exactement ? Que se passe-t-il dans votre corps durant cette affection ? Et comment cela se manifeste-t-il pour les femmes atteintes de cette maladie ?
Qu’est-ce que l’endométriose ?
L’endométriose est une pathologie touchant l’endomètre, une muqueuse qui recouvre normalement les parois utérines afin que celles-ci permettent, après fécondation, à l’embryon de s’y installer et de s’y développer. Les cellules composant l’endomètre fonctionnent donc en réaction aux hormones sexuelles que sont les œstrogènes et la progestérone.
Pendant le cycle menstruel, notamment avant l’ovulation, la muqueuse utérine se prépare ainsi à une éventuelle fertilité. Sans fécondation, l’endomètre se « réinitialise » en éliminant les cellules prévues pour accueillir l’embryon. C’est ce processus qui donne les règles.
Les causes de l’endométriose
L’endométriose semble être une affection aux origines multifactorielles, avec des facteurs environnementaux, génétiques et hormonaux. En l’état actuel des connaissances, il est communément retenu 3 grandes explications à cette pathologie :
Les menstruations rétrogrades : une mauvaise élimination du flux menstruel par l’utérus et le vagin serait à l’origine d’une remontée de fragments de l’endomètre en direction des trompes de Fallope. Cela impacterait donc l’envoi de l’ovule créé par les ovaires et expliquerait aussi les problèmes de fertilité et d’infertilité rencontrés dans l’endométriose.
Le transport des cellules de l’endomètre dans le sang et les vaisseaux sanguins : les fragments seraient absorbés par la lymphe ou la circulation sanguine puis transportés dans la cavité abdominale en provoquant l’apparition d’adhérences, de cicatrices et de kystes.
L’hypothèse métaplasique : des cellules du péritoine se transformeraient de manière spontanée en cellules de l’endomètre, sans raison connue.
Les symptômes de l’endométriose
Comme dans d’autres maladies, les symptômes de l’endométriose sont nombreux. Les spécialistes ont même coutume de dire que « autant de femmes, autant de symptômes » ! La liste des effets secondaires de cette affection comporte ainsi des manifestations variées telles que :
Des règles douloureuses (dysménorrhées), que le paracétamol ne parvient pas à soulager
Des règles abondantes (ménorragies)
Des crampes prémenstruelles
Des douleurs pendant les rapports sexuels (dyspareunie)
Des difficultés à concevoir un enfant et une infertilité
Une douleur pelvienne fréquente
Des douleurs dans le dos pouvant porter jusque dans une jambe (cruralgie)
Une incontinence urinaire ou difficulté à uriner (dysurie)
Des troubles pulmonaires
Des troubles rénaux
Une certaine fatigue
Des vertiges
Etc.
Il est à noter que les symptômes peuvent être tellement intenses qu’ils en deviennent invalidants, empêchant la femme d’avoir une vie normale. Cette force des symptômes n’est pas nécessairement liée à la gravité de l’endométriose.
En effet, il suffit parfois d’un unique fragment d’endomètre placé au mauvais endroit pour provoquer des symptômes plus intenses que ceux causés par plusieurs fragments mieux situés. Quoi qu’il en soit, si rien n’est fait pour réduire les conséquences de l’endométriose chez les patientes, elles peuvent aller jusqu’à développer un syndrome dépressif.
Adopter une bonne alimentation avec l’aide d’un diététicien
Vous avez commencé à modifier vos habitudes alimentaires sans vraiment savoir par où commencer ? Ou vous n’avez pas encore essayé mais vous souhaiteriez tenter l’expérience pour enfin diminuer les douleurs ? Grâce à Liberlo, vous pouvez trouver un diététicien près de chez vous ou à proximité de votre lieu de travail.
FAQ
Quelle différence entre un nutritionniste et un diététicien ?
Le médecin-nutritionniste est un docteur en médecine spécialisé en nutrition qui peut prescrire des examens et des médicaments, tandis que le diététicien-nutritionniste est un professionnel paramédical expert en alimentation qui élabore des programmes nutritionnels personnalisés et assure le suivi des patients.
Quel régime alimentaire pour l’endométriose ?
Une alimentation anti-inflammatoire riche en oméga-3 aide à réduire les symptômes. Optez pour les poissons gras comme le saumon et le maquereau, les légumes verts, les fruits rouges, les noix et les graines. Adoptez les légumineuses, les céréales complètes et les aliments fermentés naturels. Choisissez des produits bio pour limiter l’exposition aux perturbateurs endocriniens.
Quel spécialiste consulter pour une endométriose ?
Pour diagnostiquer et traiter l’endométriose, il est recommandé de consulter en premier lieu un gynécologue spécialisé qui pourra prescrire les examens nécessaires (IRM, échographie) et coordonner votre prise en charge avec d’autres professionnels comme un diététicien-nutritionniste, un gastro-entérologue ou un chirurgien selon vos symptômes spécifiques.
Les consultations diététiques sont-elles remboursées ?
Les séances chez un diététicien ne sont pas prises en charge par la Sécurité sociale. Votre mutuelle santé peut rembourser partiellement ou totalement vos rendez-vous selon votre contrat, avec un forfait annuel moyen de 100 à 150 euros ou une prise en charge de 30 à 60 euros par séance. Demandez une facture au praticien pour obtenir votre remboursement.
Quel métier faire quand on a de l’endométriose ?
Les métiers flexibles avec possibilité de télétravail conviennent particulièrement aux personnes atteintes d’endométriose. Le développement web, le graphisme, la communication digitale ou les professions administratives permettent d’aménager ses horaires. Un poste sans station debout prolongée et avec une charge physique modérée facilite la gestion des symptômes. La consultation du médecin du travail aide à définir les aménagements nécessaires pour votre activité professionnelle.