strings.skip_to_content

Agoraphobie : comprendre et surmonter la peur des espaces

Blog - Par Clarisse P., le 23 février 2026

12 min

L'agoraphobie touche environ 1,7 % de la population française, soit plus d'un million de personnes. Ce trouble anxieux se manifeste par une crainte intense et persistante de se retrouver dans certains lieux publics.

Cette appréhension englobe de nombreuses situations du quotidien. Comprendre ce trouble constitue ainsi la première étape pour retrouver sa liberté de mouvement et améliorer sa qualité de vie.

Sur Liberlo, prenez simplement rendez-vous avec un hypnothérapeute à Caen pour commencer votre parcours vers la liberté de mouvement et retrouver confiance dans les espaces publics.

Si vous cherchez à réduire votre anxiété anticipatoire ou à surmonter vos comportements d’évitement, découvrez nos différentes spécialités et trouvez un hypnothérapeute à Lille qui peut vous accompagner dans cette démarche grâce à des techniques travaillant sur l’origine inconsciente de vos craintes.

Organisez vos séances en toute tranquillité sur notre annuaire en ligne. Nos professionnels, y compris les hypnothérapeutes à Orléans, ont leurs qualifications vérifiées et adhèrent à notre code de déontologie.

Qu'est-ce que l'agoraphobie ?

Définition et origine du terme

Le terme agoraphobie vient du grec agora (place publique) et phobos (peur). Selon l'INSERM, ce trouble se définit comme "la peur irraisonnée et intense des espaces publics dans lesquels la fuite peut être difficile".

Cette définition dépasse largement la simple crainte des grands espaces ouverts. Elle englobe l'appréhension de nombreuses situations où la personne ressent qu'elle ne pourrait pas s'échapper facilement ou obtenir de l'aide en cas de malaise. Ce trouble phobique affecte profondément la vie quotidienne et le comportement des personnes concernées.

Selon le Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM-5), cette condition se reconnaît lorsqu'une personne éprouve  une anxiété marquée dans au moins 2 des 5 situations suivantes :

  • Utiliser les transports en commun (métro, bus, train, avion)

  • Se trouver dans des espaces ouverts (parkings, marchés, ponts)

  • Être dans des lieux clos (magasins, cinémas, salles de spectacle)

  • Faire la queue ou se retrouver dans une foule

  • Sortir seul à l'extérieur de son domicile

Cette crainte devient problématique lorsqu'elle persiste pendant plus de 6 mois et perturbe significativement la vie quotidienne et le comportement social de la personne.

Les différentes formes d'agoraphobie

Ce trouble peut se manifester de diverses manières selon les personnes. Certaines redoutent principalement les espaces ouverts comme les places publiques ou les parkings, ressentant une impression de vulnérabilité et d'absence de protection. D'autres craignent davantage les lieux clos tels que les ascenseurs, les magasins ou les salles de cinéma, où elles se sentent piégées.

L'appréhension des transports publics est une forme très répandue, rendant difficile l'utilisation du métro, du bus ou du train. Certaines personnes développent aussi une anxiété sociale associée, redoutant particulièrement les foules et les files d'attente dans les lieux publics.

Dans les cas les plus sévères, ce trouble peut conduire à un évitement complet de toute sortie, la personne se sentant en sécurité uniquement à son domicile. Ce comportement impacte alors considérablement la vie professionnelle, sociale et les relations personnelles.

Quels sont les signes de l'agoraphobie ?

Les personnes vivant avec ce trouble éprouvent un ensemble de manifestations physiques et psychologiques qui peuvent être très intenses. Selon Santé publique France, ces signes apparaissent avant ou pendant l'exposition aux situations redoutées, créant un sentiment de peur envahissant.

Les manifestations physiques prennent la forme de :

  • Palpitations cardiaques et une accélération du rythme cardiaque

  • Une sensation d'oppression dans la poitrine ou de difficultés respiratoires

  • Vertiges ou une impression d'étourdissement

  • Tremblements incontrôlables

  • Une transpiration excessive même par temps frais

  • Nausées ou des troubles digestifs

  • Une sensation de jambes qui flanchent

  • Tensions musculaires liées au stress

Les ressentis psychologiques comprennent :

  • Une crainte intense de perdre le contrôle ou de s'évanouir dans un lieu public

  • L'appréhension de ne pas pouvoir s'échapper rapidement de l'espace

  • La crainte de ne pas recevoir d'aide en cas de malaise dans une foule

  • Une anxiété anticipatoire : l'angoisse survient généralement plusieurs jours avant l'exposition à la situation redoutée

  • Des pensées du type "Et si je faisais un malaise ?" ou "Et si personne ne pouvait m'aider ?"

  • Un sentiment de danger imminent même en l'absence de menace réelle

Ces manifestations peuvent déclencher ce qu'on appelle une attaque de panique : un épisode intense d'angoisse durant généralement 20 à 30 minutes. Selon la Haute Autorité de Santé, environ 95 % des personnes concernées ont vécu au moins une crise dans un espace public ou dans les transports.

Ces épisodes répétés renforcent le comportement d'évitement et alimentent le cercle vicieux : la personne anticipe la prochaine crise, ce qui augmente son anxiété avant de sortir.

Les causes et facteurs de risque de l'agoraphobie

Ce trouble ne possède pas une cause unique : il résulte de l'interaction de plusieurs facteurs biologiques, psychologiques et environnementaux qui influencent le comportement de la personne.

Les facteurs biologiques et génétiques

Les recherches montrent qu'il existe une prédisposition familiale aux troubles anxieux. Les personnes ayant des antécédents familiaux présentent 2 à 3 fois plus de risques de développer cette condition.

Au niveau du cerveau, nous observons une hypersensibilité de certaines zones cérébrales, notamment l'amygdale, qui gère les réponses à la peur. Cette région peut réagir de manière excessive face à des situations perçues comme menaçantes, même en l'absence de danger réel, déclenchant des crises d'angoisse.

Les événements déclencheurs

Plusieurs situations peuvent déclencher l'apparition du trouble :

  • Une première attaque de panique vécue dans un lieu public ou dans les transports

  • Un événement traumatisant (accident, agression, malaise médical dans un espace public)

  • Une période de stress intense (deuil, divorce, perte d'emploi)

  • Un déménagement dans une grande ville ou un changement d'environnement

  • Une crise personnelle affectant le sentiment de sécurité

Les facteurs psychologiques

Les personnes présentant certains traits de personnalité sont plus vulnérables comme :

  • Une sensibilité élevée à l'anxiété et au stress

  • Une tendance à anticiper les dangers de manière excessive dans diverses situations

  • Un besoin important de contrôle sur son environnement et les espaces fréquentés

  • Une dépendance affective marquée

  • Des craintes préexistantes concernant la foule ou certains lieux

L'environnement et le mode de vie

Représentée par la foule et un rythme actif, la vie en milieu urbain peut favoriser l'apparition du trouble chez les personnes prédisposées. L'utilisation quotidienne des transports en commun bondés peut aussi contribuer au développement d'appréhensions spécifiques liées aux espaces publics.

Comment identifier l'agoraphobie ?

Identifier ce trouble repose sur une évaluation de la nature et de l'intensité des craintes ressenties. Plusieurs critères cliniques permettent de reconnaître cette condition.

Les critères principaux

Pour parler d'agoraphobie, plusieurs conditions doivent être réunies telles que :

  • L'anxiété est marquée et persiste depuis au moins 6 mois

  • Elle survient dans au moins 2 des 5 situations mentionnées précédemment (transports, espaces ouverts/clos, foules, sorties seul)

  • La personne développe des comportements d'évitement : elle refuse activement de se confronter aux situations redoutées, modifiant sa vie quotidienne

  • Cette crainte est disproportionnée par rapport au danger réel de la situation

  • Elle cause une souffrance importante ou une altération du fonctionnement social, professionnel ou dans d'autres domaines importants de la vie

  • Les attaques de panique sont fréquentes dans les lieux publics ou les transports

Le rôle du médecin généraliste et du psychologue

Le médecin traitant joue un rôle central dans l'identification du trouble. Il peut utiliser des questionnaires standardisés cliniques comme l'échelle HAD (Hospital Anxiety and Depression) pour évaluer le niveau d'anxiété et l'impact sur le quotidien.

Le psychologue spécialisé réalisera ensuite une évaluation clinique en explorant :

  • L'historique des craintes et leur évolution dans le temps

  • Les situations précises qui déclenchent l'angoisse et les crises

  • L'impact sur la vie quotidienne, professionnelle et sociale

  • La présence éventuelle d'autres difficultés associées (dépression, trouble panique)

  • Les comportements d'évitement mis en place par la personne

  • Le sentiment de sécurité dans différents espaces et lieux

Les troubles associés

Cette condition coexiste fréquemment avec d'autres difficultés psychologiques. Environ 60 % des personnes présentent aussi une anxiété généralisée, et 70 à 80 % développent une dépression associée. Le trouble panique peut accompagner ce phénomène, ce qui crée un cercle vicieux où les attaques renforcent les craintes liées aux espaces publics.

Quelles solutions naturelles pour l'agoraphobie ?

Les approches d'accompagnement ont considérablement évolué ces dernières décennies. Aujourd'hui, plusieurs méthodes permettent d'obtenir des résultats très encourageants.

La thérapie cognitivo-comportementale (TCC)

La TCC est l'approche de référence. Cette méthode affiche un taux d'efficacité estimé entre 70 et 80 %.

La thérapie cognitivo-comportementale repose sur 2 piliers complémentaires :

  1. Le volet cognitif : identifier et modifier les pensées automatiques négatives qui alimentent l'anxiété. Par exemple, transformer "Je vais forcément faire un malaise dans le métro" en "J'ai déjà pris le métro sans problème, cette sensation est temporaire et ne présente pas de danger".

  2. Le volet comportemental : l'exposition progressive aux situations redoutées. Appelée “désensibilisation”, cette technique permet de confronter progressivement ses craintes dans un environnement sécurisant et contrôlé. La personne apprend à sortir progressivement, d'abord accompagnée puis seule, dans différents espaces et lieux publics.

Si vous vous interrogez sur le déroulement d’une séance, sachez que celle-ci dure généralement entre 45 et 60 minutes, et que la durée moyenne de l’accompagnement est comprise entre 12 et 25 séances selon les besoins et la sévérité du trouble.

Il peut aussi arriver que le praticien vous incite à réaliser des exercices pratiques entre les séances. L’idée de cet accompagnement est de réaliser une hiérarchie des craintes en commençant par les situations les moins anxiogènes (par exemple, sortir à proximité du domicile) avant de progresser vers une situation plus diffficile (prendre les transports, affronter la foule).

Le praticien vous apprendra différentes techniques de gestion du stress et de l’anxiété et travaillera sur les comportements d’évitement afin de les réduire de manière progressive.

L'accompagnement par un psychologue

Un psychologue spécialisé propose un suivi personnalisé qui peut comprendre :

  • Une écoute bienveillante et sans jugement du vécu de la personne

  • Des techniques de régulation émotionnelle pour gérer l'anxiété et le stress

  • Un travail sur l'estime de soi et la confiance

  • Des exercices de relaxation et de respiration pour calmer les crises

  • Un soutien pour comprendre l'origine des craintes et des comportements d'évitement

  • Une psychothérapie adaptée au trouble phobique

La sophrologie pour gérer l'anxiété

La sophrologie propose des techniques de relaxation dynamique particulièrement efficaces pour la gestion du stress. Cette méthode allie :

  • Des exercices de respiration pour calmer le système nerveux lors des crises d'angoisse

  • Des visualisations positives pour se préparer mentalement aux situations redoutées (prendre les transports, sortir seul, affronter la foule)

  • Des techniques d'ancrage pour rester connecté au moment présent dans les espaces publics

  • Un travail sur la conscience corporelle pour mieux gérer les sensations physiques et les manifestations de l'anxiété

La sophrologie a ainsi plusieurs bénéfices si vous la pratiquez régulièrement tels que :

  • Une réduction de l'anxiété anticipatoire avant d'affronter des contextes difficiles

  • Une meilleure gestion des manifestations physiques du stress

  • Un développement de ressources internes de calme et de confiance pour sortir

  • Une amélioration de la qualité du sommeil perturbé par les craintes

  • Une diminution du sentiment de vulnérabilité dans les lieux publics

L'hypnothérapie pour dépasser ses peurs

L'hypnose représente une approche complémentaire prometteuse. Cette psychothérapie travaille sur l'origine inconsciente des craintes.

Lors d'une séance d'hypnose, le praticien guide la personne vers un état de relaxation profonde permettant d'accéder aux ressources inconscientes. Cette approche permet de :

  • Reprogrammer les réactions automatiques face aux situations redoutées

  • Renforcer le sentiment de sécurité intérieure dans les espaces publics

  • Travailler sur les événements traumatiques à l'origine du trouble (première attaque de panique, crise marquante)

  • Développer de nouveaux schémas de pensée plus adaptatifs concernant les lieux publics, les transports et les foules

  • Modifier le comportement d'évitement ancré

Combinée à d'autres approches comme la TCC, cette méthode s'avère particulièrement efficace pour :

  • Diminuer l'intensité des attaques de panique dans les espaces publics

  • Réduire l'anxiété anticipatoire avant de sortir

  • Faciliter l'exposition progressive aux situations redoutées

  • Apaiser le stress lié aux transports et à la foule

FAQ

Peut-on se libérer complètement de l'agoraphobie ?

Une libération complète est possible dans la majorité des cas. Les personnes qui suivent une thérapie cognitivo-comportementale (TCC) constatent une amélioration significative, voire une disparition totale de leurs craintes et de leurs comportements d'évitement. Le processus demande du temps, généralement plusieurs mois, mais les résultats sont durables. Vous retrouvez progressivement votre capacité à sortir seul, à utiliser les transports et à fréquenter les lieux publics sans anxiété excessive.

Combien de temps faut-il pour surmonter l'agoraphobie ?

La durée varie selon chaque personne et la sévérité du trouble. En moyenne, il faut entre 3 à 6 mois pour observer les premières améliorations significatives dans la gestion de l'anxiété, et entre 6 à 12 mois pour retrouver une autonomie satisfaisante et réduire considérablement les comportements d'évitement. Un accompagnement peut se poursuivre plus longtemps pour consolider les acquis et prévenir les rechutes.

L'agoraphobie peut-elle disparaître seule sans accompagnement ?

Sans accompagnement, ce trouble a tendance à s'aggraver progressivement. Les comportements d'évitement se multiplient, réduisant peu à peu le périmètre de vie de la personne. L'anxiété augmente, les situations redoutées deviennent plus nombreuses, et la vie sociale et professionnelle se détériore. Un accompagnement professionnel (psychologue, thérapie, hypnose, sophrologie) augmente considérablement les chances de retrouver sa liberté de mouvement.

Que faire lors d'une crise de panique dans un lieu public ?

Plusieurs techniques peuvent vous aider immédiatement à gérer une attaque :

  • La respiration 5-5 : inspirez pendant 5 secondes, expirez pendant 5 secondes, maintenez ce rythme pour calmer l'anxiété

  • L’ancrage sensoriel : identifiez 5 éléments que vous voyez, 4 sons que vous entendez, 3 sensations que vous touchez - cette technique vous ramène au moment présent

  • La phrase rassurante : répétez mentalement "Cette sensation est temporaire, je suis en sécurité, cet épisode va passer"

Si possible, asseyez-vous et concentrez-vous sur votre respiration, et rappelez-vous que les attaques de panique ne sont pas dangereuses et durent rarement plus de 20 à 30 minutes.

Comment aider un proche qui souffre d'agoraphobie ?

Nous vous conseillons d’éviter de minismer ses craintes, de l’encourager en lui proposant de l’accompagner dans différents lieux et situations, de valoriser chaque petit pas en avant, chaque sortie réussie, de lui suggérer de consulter un professionnel et surtout, d’être patient car la gestion de cette condition demande du temps.