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Faut-il arrêter de regarder la télé pour calmer son anxiété face aux actualités ? La réponse va vous surprendre.

Punaises de lit, Covid, attentats, guerre, écologie…L’actualité du monde est angoissante et malmène notre corps et notre mental. Dans ce contexte oppressant, comment retrouver le bien-être au quotidien Pascale ETCHEBARNE, Sophrologue depuis 20 ans, à Paris, vous donne cinq pistes pour mieux gérer votre relation aux informations.


Alors, Faut-il arrêter de regarder la télé pour calmer son anxiété face aux actualités ?

"Non". Le simple fait de s'interdire quelque chose va prendre de la place dans notre esprit et occuper nos pensées. Par exemple, si vous décidez de ne pas toucher le chocolat qui se trouve dans votre placard, il est fort probable que vous ne pensiez qu’à votre chocolat pendant plusieurs heures.

“Le mieux, c’est de s’autoriser ce que l’on veut, le cadrer, puis développer sa capacité à revenir au présent, à la vie”.

Par exemple, vous constatez que regarder les actualités vient activer chez vous de l’anxiété. Vous décidez de limiter cette activité dans le temps. Disons, 30 minutes le soir, toujours le même média.

Lorsque votre session d’information est terminée, revenez à vous même à travers des exercices de relaxation dynamiques.

Pourquoi relaxation dynamique et pas simplement respiration ou cohérence cardiaque ?

Imaginez une casserole sur un feu. La casserole, c’est vous. Le feu, c’est l’adrénaline provoquée par chacune des informations contrariantes et stressantes que vous encaissez.

L’adrénaline est une hormone sécrétée dans le sang par les glandes surrénales lors d’émotions intenses ou de situation de danger. Cette hormone indique au cerveau de s’enfuir ou de frapper, bref de faire quelque chose pour survivre. Le cerveau ne fait absolument pas la différence entre ce qui est vrai et ce qui est faux.

Lorsque vous choisissez de faire des exercices de respiration ou de cohérence, c’est très bien, mais cela vient uniquement soulever le couvercle sur la casserole, cela n’éteint pas le feu. Cela ne vient pas calmer l’adrénaline.

La relaxation dynamique, qui associe mouvement, respiration et intention, permet de relâcher les tensions physiques provoquées par l’adrénaline, ce que ne permet pas la respiration seule. En activant le corps, en contractant les muscles, vous envoyez à votre cerveau l’indication que quelque chose à été fait pour fuir ou se défendre. L’adrénaline n’est plus nécessaire, elle peut partir, le cerveau peut se détendre.

Exemple de Relaxation Dynamique :

Debout, les pieds écartés dans la largeur du bassin. Vos genoux sont déverrouillés, votre dos est droit et votre tête dans l’alignement de votre colonne vertébrale. Tenez vos bras le long du corps. Vos yeux sont fermés.

Inspirez par le nez et fermez vos poings en imaginant rassembler dans vos mains vos tensions. Bloquez votre respiration tout en montant et descendant les épaules plusieurs fois. Imaginez que vous portez des sacs très lourds dans lesquels vous avez mis toutes vos tensions.

Puis, soufflez fort par la bouche en ouvrant vos poings, comme si vous laissiez tomber vos sacs à terre.

Reprenez une respiration naturelle, toujours les yeux fermés.

Observez vos ressentis dans votre corps et prenez conscience de votre capacité à lâcher vos tensions.

Refaites cette séquence au moins deux fois, vous pouvez imaginer une actualité différente dans chaque sac pour chaque séquence, jusqu’à être complètement relâché.

Deux autres astuces surprenantes

Mobiliser un seul sens n’est pas une bonne idée

Le mieux, si vous souhaitez avoir la meilleure distance possible face aux troubles du monde, c’est de lire l’actualité. De cette manière, vous êtes dégagé.e.s de la substance émotionnelle de celui qui diffuse l’information. Vous lisez, mais vous n’écoutez pas. Vous comprenez des informations, mais vous ne distillez pas des émotions qui ne vous appartiennent pas.

Pratiquez la sophrologie dans les moments d’attente

" Cela fait plus de 10 ans que je pratique la Sophrologie. Il est inutile de demander du temps à des gens qui n’en ont pas. En revanche, j’invite toujours mes patients à observer le nombre de fois qu’ils sont poussé.e.s à attendre tout au long d’une journée : attendre le métro, attendre la réunion, attendre dans l’ascenseur…Nous passons notre journée à attendre. J’invite mes patients à pratiquer les exercices de sophrologie que je leur enseigne durant ces moments d’attente. De cette façon, ils peuvent inviter la sophrologie dans leur quotidien et observer quotidiennement leurs capacités rapides à se remobiliser face au stress et cultiver de la confiance."

Que faire si je suis soudainement atteint.e de peurs irrationnelles limitantes ?

Est-ce qu’il vous est déjà arrivé de refuser de prendre le métro sous prétexte d’une mauvaise intuition ? De changer de programme ou d’itinéraire parce que vous avez « un mauvais feeling » ?

« Lorsque la peur frappe à la porte, invitez-la à prendre le thé. »

Face à ce type de situation, il ne s’agit pas de défier son instinct ou d’avancer contre soi. L’essentiel est de recréer la distance nécessaire par rapport à la situation pour mobiliser son énergie et ramener sa réflexion autour de questionnements rationnelles.

Prenez donc un temps pour réaliser un exercice de relaxation dynamique, puis questionnez de nouveau votre envie ou non de prendre le métro. Prenez le temps d’évaluer les conséquences positives et négatives de votre décision. Soupesez et prenez votre décision en pleine conscience.

Avec la contribution de Pascale Etchebarne